Nous quittons la gare routière à pied pour rejoindre notre hôtel, non loin de là. Il est encore bien trop tôt pour récupérer notre chambre (7 heures et 30 minutes) alors nous partons nous régaler au Daolin Restaurant, et dégustons de merveilleux pancakes et fruit-shakes. Nous croisons aussi Yves, responsable de l'agence de voyages et de locations de motos Miss Noy, qui nous conseille de repasser dans la soirée pour avoir un topo complet avant de partir pour le plateau des Bolovens. L'heure est maintenant plus avancée et nous avons pu récupérer notre chambre !

Nous décidons de nous rendre à Dao Heuang Market, un des plus vastes marchés du Laos. Nous y arrivons en fin de matinée, et le stock de marchandises est déjà bien écoulé. Les couleurs sont fortes à chaque stand, tout comme les odeurs. Nous passons ensuite une bonne partie de la journée à récuperer le sommeil de la nuit.

Le soir même, de retour chez Miss Noy, nous récupérons des plans du plateau, ainsi que de nombreux bons conseils sur les lieux à visiter, les chutes d'eau à observer et les guesthouses où rester dormir lors de notre trip à moto (tout le monde parle de motos mais ce sont la plupart du temps des scooters). Yves nous explique aussi comment mettre en lieu sûr le scooter à chaque étape, et les conditions de route qui nous attendent. En effet, sur le plateau, un scooter équivaut à 5 années de salaire pour les personnes y vivant. Les vols sont donc monnaie courante. Mais en respectant quelques règles simples il n'y a aucun danger.
Nous repartons plus sereins de son agence, car il installe une relation de confiance avec ses clients, et nous étions difficiles à convaincre initialement puisque que nous avions eu de nombreux échos de mauvaises expériences en location et en conduite de scooter en Asie.

Nous prenons ce matin la route, sur notre 100cc semi-automatique rouge avec nos sacs à dos pour ces deux jours d'expédition. Nous comptons réaliser la Petite Boucle (2-3 jours), cela est plus raisonnable pendant la saison des pluies. La Grande Boucle se visite en 4 bons jours et des portions de piste sont difficilement accessibles pour les conducteurs novices, et certains treks à réaliser pour s'approcher des chutes peuvent être dangereux en cette saison.

Near the road La route sur le plateau

La route est goudronnée, elle est praticable et le dénivelé est important pour atteindre le plateau. Nous gagnons 1000 mètres en 50 kilomètres, l'air devient nettement plus respirable. Depuis la route, nous pouvons observer la vie au coeur des villages laotiens. Nous avons notre immersion dans la vie locale. Nous prenons notre temps et roulons lentement afin de laisser la priorité aux camions, 4x4, vaches, buffles, cochons, poules, coqs, etc. Nous roulons durant 38 kilomètres supplémentaires afin de rejoindre les premières chutes d'eau de Tad Fane. Nous partons les observer depuis le Tad Fane Resort, d'où émergent ces deux chutes se jetant dans une gorge de 120 mètres de profondeur, entourées par une végétation dense. La scène devient surréaliste lorsque la pluie tropicale s'abat et que le site se retrouve pris dans la vapeur d'eau. Un remake de film hollywoodien !

Deep Jungle Le brouillard débarque

La pluie se calme et nous laissons la moto ici même, pour rejoindre les chutes de Tad Champi, à 3 kilomètres de là, à pied : question de sécurité pour la moto. Nous marchons à travers les plantations de café, le plateau est connu internationalement pour son café de qualité, consideré comme l'un des meilleurs. Puis soudainement, au bout d'un kilomètre et demi de parcouru, nous subissons une tempête tropicale. Nous attendrons longtemps sous un arbre que cela se calme. La route devient un véritable torrent, et nous sommes tout seuls au milieu de nul part.

Une fois la tempête passée, nous préférons rebrousser chemin, aller récupérer notre moto et continuer le parcours pour profiter de Tad Yuang. Nous roulons quelques kilomètres avant d'arriver à la jonction pour quitter la route principale. À l'intersection, le terrain de la CPC (coopérative des producteurs de café du plateau) ne peut pas se louper. Nous en profitons pour y faire une halte et y déguster un bon Arabica, afin de nous réchauffer.

Les températures ont chuté (5-10 degrés en ressenti contre 35-40 à Pakse), nous sommes trempés par la pluie, et le vent sur le scooter n'arrange pas les choses. Cette pause nous requinque bien, on nous propose même une dégustation de thé vert du plateau. De retour en selle, nous chevauchons le sentier rocailleux, puis continuons à pied. Nous arrivons, tout d'abord par un petit pont, à la partie supérieure des chutes. Le débit est important et nous imaginons les chutes impressionnantes de part le bruit produit. Nous continuons la balade en descendant le petit sentier fait de marches en bois, déformées au cours du temps par les racines et les lianes de la forêt dense. Le spectacle est incroyable, nous sommes au pied de la cascade, arrosés par ce brumisateur naturel.

On the hill Devant la cascade dans le brouillard

Nous nous aperçevons que l'après-midi est déjà bien avancée et qu'il va falloir accélérer les choses pour rejoindre Tad Lo situé à plus de 60 kilomètres d'ici avant la nuit. Nous roulons sans nous arrêter jusqu'à Paksong, sans aucune halte, mais la nuit tombe vite, et nous avons froid. Nous continuons et trouvons sur la route une plantation de café dont le nom nous parle : le Sinouk Garden Resort. Nous avions gouté leur café à Vientiane. Nous décidons de nous y arrêter pour y manger quelque chose de chaud, et au final nous préférons être raisonnables et de nous y arrêter pour la nuit. La route devient vraiment glissante, le vent souffle vraiment fort et les freins de notre scooter n'ont pas l'air au meilleur de leur forme.

On nous propose une suite magnifiquement décorée, en bois, à un tarif correct (la saison basse et la pluie aidant). Après une brève inspection de la chambre, nous décidons d'enlencher la climatisation. Et là surprise elle ne fonctionne pas. Nous appelons quelqu'un qui vient constater que cela ne fonctionne pas. Nous demandons donc une nouvelle chambre identique (avec une baignoire notamment) et une climatisation fonctionnelle. Après plusieurs chambres testées, la patronne de l'hôtel est venue nous voir, l'air aussi surprise que nous que beaucoup de chambres n'aient pas de climatisation fonctionnelle. Nous finissons par changer de chambre. Ce n'est qu'une fois que tout le monde est parti que nous nous apercevons que nous avons bien une baignoire mais ils ont oublié de raccorder un robinet sur les tuyaux qui sont donc condamnés. La patronne revient et tout comme avant semble découvrir comme nous la baignoire.
Nous changeons une nouvelle fois de chambre, et cette fois-ci c'est la bonne ! Non je rigole, c'est une fois tranquille que nous remarquons que la porte de la chambre ne peut pas s'ouvrir de l'intérieur suite à un mauvais réglage de la poignée. Nous abandonnons l'idée de trouver une chambre sans surprise, le luxe de cet endroit étant déjà incroyable comparé au Laos et tous ce que nous avons pu avoir depuis notre début de voyage !

Nous mettons en route le chauffage, et sombrons rapidement. La plantation est au calme, nous n'avions pas connu cette tranquilité depuis le début du voyage. Les draps sentent bons la lessive, et sont extrémemnt doux. Nous avons même une couette pour la nuit, qui n'est pas de trop d'ailleurs, et cela nous rappelle les longues soirées d'hiver à Nancy. Dépaysement assuré ! Nous nous imaginions plutôt passer la nuit chez l'habitant, dans des conditions plus sommaires, mais au final cette halte nous a aussi fait un bien fou.
Nous nous réveillons en douceur pour cette deuxième journée d'expédition et il est difficile de quitter le nid douillet pour retourner sur le scooter, à deux, qui nous fait mal partout. Nous sortons donc par une des fenêtre de la chambre pour aller ouvrir la porte d'entrée de l'extérieur. Nous prenons tranquillement notre petit déjeuner, au calme, devant la rivière présente au fond du jardin, et nous dégustons notre café de la plantation. Nous ne résistons pas à l'achat d'un sachet pour la maison.

Nous roulons pendant une bonne demi-heure afin de rejoindre Tad Lo, les chutes les plus célèbres du plateau. Dans le village, les guesthouses sont nombreuses. Nous laissons la moto à Palamei Guesthouse et rejoignons à pied les premières chutes de Tad Lo via un pont qui nous permet d'avoir une vue assez large. Nous marchons ensuite via un sentier le long de l'eau pendant un bon kilomètre en remontant le cours d'eau. Le spectacle est incroyable, les chutes sont impressionnantes, et tout en largeur.

Other waterfalls of Bolaven plateau Les cascades à Tad Lo

Nous reprenons la moto pour rejoindre les dernières, Tad Suong Lo à un peu plus de 8 km de là. La grimpette est sévère, nous croisons les stations hydroéléctriques du barrage, pour finalement arriver au sommet du barrage.

Fall Vue du sommet

C'est incroyable d'être ici. Les lieux ne sont pas particulièrement soumis à une surveillance particulière, et il est possible de se baigner dans cet espace gigantesque.

De retour sur la route, nous parcourons une vingtaine de kilomètres et faisons une halte chez M. Vieng, qui possède une large plantation de café, au KATU Homestay. Nous choisissons un Arabica et un Liberica, accompagnés de cacahuètes grillées maison, sous un toit végétal, bien installés dans des sièges en bois, à regarder les femmes du village tisser sur leur métier.

Nous avons, après cette petite pause, l'énergie nécessaire pour nous rendre aux dernières chutes intéressantes de notre parcours : Tad Pasuam. Nous marchons dans la forêt avant de traverser un pont en bambou tout à fait original !

Jungle Bridge Le pont

Et c'est après que nous découvrons la vue sur ces cascades.

Waterfalls on Bolaven plateau Les cascades

Il existe à quelques pas un village éthnique, mais nous choisissons de ne pas le visiter, d'abord car il est déjà tard, et ensuite parce que nous redoutons le côté vendeur et organisé de l'idée.

Encore 35 petits kilomètres et nous voilà de retour à notre hôtel. Nous dinons ce soir dans un restaurant au bord du Mékong, ressemblant à un immense hangar, pour y découvrir les Hot Pot. Il s'agit d'un repas à partager, on choisit sa viande ou son poisson, puis on place au centre de la table un pot en terre cuite bouillant, et on y dépose nos tranches de viande comme une plancha, en faisant cuire les nouilles et légumes dans le bouillon. Un régal.

Le plateau des Bolovens fut sans aucun doute un coup de coeur pour cette parenthèse authentique hors du temps.



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