Le gîte du piton des neiges

Vous pensez que nous nous levons trop tôt ? Cette fois-ci nous avons fait mieux ! Lorsque le réveil sonne il est 4 heures et 15 minutes. Nous ne sommes pas sûrs d'avoir réussi à dormir ou bien d'être réellement réveillés. Le temps que nous émergions, il est déjà la demie et il nous faut activer le pas. Comme pour le Trou de fer, nous devons arriver au plus tôt en haut du piton si nous voulons une vue dégagée sur toute l'île.

Le temps de prendre un petit-déjeuner express, de remplir nos sacs et d'enfiler nos chaussures et nous voilà en route pour le parking du Bloc. Situé derrière Cilaos, c'est de là que la randonnée (faisable en une journée) pour le piton débute.

La route de Cilaos, nous vous l'avons déjà dit, c'est difficile ! Alors la nuit dans le noir, lorsque nous sommes les seuls à vouloir monter alors que tout le monde veut descendre pour aller travailler...

Le soleil se lève progressivement au fur et à mesure de notre progression sur la route, et lorsque nous arrivons enfin, il fait bien clair. Nous avons dépassé Cilaos et continué à rouler pendant quelques kilomètres encore pour atteindre le parking qui nous permet d'initier la randonnée. C'est vraiment situé en bord de route, comme pour les aires d'arrêt que nous pouvons voir régulièrement. Nous sommes alors à environ à une altitude de 1300 mètres.

Les sacs prêts et la voiture verrouillée nous partons à l'assaut de ce sentier. Ce dernier se découpe en deux portions :

  • Du parking au gîte
  • Du gîte au piton des neiges

La plupart des randonneurs font l'ascension sur deux journées. Ils arrivent dans l'après-midi au gîte puis le lendemain matin partent très tôt de celui-ci pour assister au lever de soleil depuis le piton des neiges.

Nous n'avons pas eu de bons échos du gîte et comme nous payons déjà notre location sur Saint Leu, nous préférons tenter l'ascension et le retour dans la même journée.

La première partie de la randonnée se passe dans une forêt assez similaire (bien que nettement moins dense) à celle rencontrée lors de notre sortie au Trou de fer. Le gîte étant à une altitude d'environ 2500 mètres, le sentier est assez raide et se résume à un ensemble de marches réalisées avec des rondins de bois ou parfois des racines. Le sol est très inégal et la taille des marches très fluctuante. Surpris par un début de randonnée si rude, nous payons très vite notre départ rapide et sommes contraints de réduire l'allure afin de récupérer un rythme cardiaque et un souffle plus régulier. A notre grand désespoir, nous sommes dépassés par une personne faisant l'ascension en courant.

Cette partie du sentier est vraiment très longue, nous ne faisons que monter des marches sur un sentier en zigzag tout en subissant un dénivelé très important. C'est vraiment la motivation d'arriver en haut qui nous pousse à avancer. Car à part quelques points de vue intéressants, la randonnée n'a rien de passionnant jusqu'à présent.

Nous atteignons finalement le gîte en 2 heures et 12 minutes après environ 1300 mètres de dénivelé. Les premiers randonneurs sont déjà redescendus au gîte. Mais d'autres comme nous, attaquent la suite du parcours.

Le gîte du piton des neiges Le gîte du piton des neiges

Le piton des neiges

Un panneau nous indique alors que le piton se trouve à 1 heure et 50 minutes de marche. Ayant fait nettement moins que la prévision annoncée pour la montée jusqu'ici, nous pensons y arriver vite.

Nous découvrons alors la suite du parcours. Un enchaînement de rochers de toutes tailles, nous empêchant d'être stable sur nos appuis. Cela va alors durer 1 heure et 45 minutes. A chaque relief passé, nous en découvrons un autre, repoussant sans arrêt le piton des neiges. C'est très dur de garder sa motivation. D'autant que le lever matinal commence à se faire sentir !

Éreintés mais fiers de nous, nous atteignons enfin le sommet tant convoité. Notre montre nous indique alors une altitude de 3077 mètres !

Altitude sur la montre Altitude sur la montre

Le relief fait penser à la planète Mars avec des bouts de roches éparpillés sur un sable rougeâtre. Sur certains rochers, des objets et des bouts de tissus y sont accrochés; ils semblent avoir une valeur spirituelle.

La température a nettement baissé ici et il y a beaucoup de vent. Nous sommes obligés de ressortir nos pulls. Le sol est gelé et nous faisons la découverte de quelques stalactites.

Nous avons une vue sur toute l'île d'ici. Et pour notre plus grand bonheur, nous sommes arrivés avant que les nuages ne recouvrent tout. Cilaos semble vraiment minuscule depuis notre point d'observation, et la vue est impressionnante.

Vue depuis le piton des neiges Vue depuis le piton des neiges

L'interminable descente

Nous mangeons notre dernière banane pour nous donner du courage avant d'entamer le retour. Heureusement il nous reste toujours des gels énergétiques identiques à ceux que nous avons utilisés pour notre marathon de Paris plus tôt dans l'année.

En tout, nous avons effectué la montée en seulement 4 heures (sans compter le trajet en voiture). Cela étant bien au dessus de nos espérances, nous nous imaginions déjà très vite en bas. Cependant après avoir regardé plus attentivement au loin notre chemin de retour, nous comprenons le pourquoi du comment concernant la première partie de la randonnée.

C'est un sentier sur une falaise !

Nous comprenons maintenant pourquoi il y avait tant de marches, et tant de dénivelé à grimper d'un seul coup. Gravir une falaise ce n'est pas une chose aisée.

De nouveau en route, nous subissons une nouvelle fois, ce chemin de rochers mais en descente. La fatigue s'ajoutant à tout cela, il devient dur de ne pas faire de faux pas. Les genoux commencent déjà à être douloureux et nous n'en sommes qu'au début.

Nous arrivons au gîte en autant de temps voir plus qu'à l'aller. Et c'est avec un certain bonheur que nous apercevons le début de la descente dans la forêt. Bientôt débarrassés de ces satanés rochers !

Le piton est très haut, et malgré le froid, le soleil tape fort. Nous le découvrons à nos dépens une fois rentrés dans la forêt lorsque nous constatons nos coups de soleil. Cependant, il y a plus important, nous avons encore 1300 mètres de dénivelé à descendre !

Nous nous rendons compte très rapidement que la partie plaisante était en fait celle sur les rochers. Cette descente abrupte dans la forêt avec ses marches très irrégulières, réussit sa mission de nous achever. Nos genoux commencent vraiment à nous faire souffrir et pourtant à chaque virage, la suite du sentier se révèle comme s'il ne finissait jamais.

Nous croisons beaucoup de randonneurs se rendant au gîte. Ils commencent leur journée quand nous sommes sur le point de l'achever. Un groupe arrêté au niveau d'un point d'observation nous voit arriver et en remarquant notre équipement très réduit annonce :

C'est un autre niveau !

Il n'en fallait pas plus pour nous redonner assez de courage pour continuer notre descente interminable. Nous croisons beaucoup de personnes chargées d'entretenir la flore et de couper ce qui entrave le sentier. C'est ainsi qu'à la sortie d'un virage nous tombons nez à nez avec un homme nous fixant de manière plutôt inquiétante, avec une machette dans la main. Nous nous dépêchons de passer, pas très rassurés.

Nous apercevons enfin notre voiture! Et c'est avec une joie encore inégalée que nous prenons la route de Cilaos pour rentrer sur Saint Leu. Il est 16 heures et nous arrivons enfin, déjà prêts à aller nous coucher.



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